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L’encéphalite équine : virus sous étroite surveillance

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L’encéphalite équine fait partie des Maladies Réputées Contagieuses (MRC) de type exotique. Ces maladies sont surveillées par l’Office Internationale des Epizooties (OIE) qui dispose d’un réseau de surveillance notamment au travers des vétérinaires. Elles sont qualifiées d’exotiques car à ce jour elles ne sont pas présentes en France, ni en Europe. L’agent causal a été isolé en 1933 à partir de l’analyse de cerveaux de chevaux infectés. La forme japonaise de la maladie a été reconnue en 1871.1938 pour la forme Vénézuélienne. Les formes de l’Est et de l’Ouest ont été isolées dans la première moitié du 20e siècle.

Qu’est ce que l’encéphalite équine ?

Ces pathologies sont reconnues sous différentes formes :

  • encéphalite japonaise (EEJ)
  • encéphalite de l’Est (EEE)
  • encéphalite de l’Ouest (EEO)
  • encéphalite Vénézuélienne (EEV)

Elles sont d’origines virales. L’EEV, l’EEE et l’EEO découlent d’Alphavirus tandis que l’EEJ est issue d’un Flavirus. 2 souches de virus pour les encéphalites équines virales sont à distinguer :

  • Les souches épizootiques (issues de mutations des souches endémiques - plus aptes à infecter les équidés et de s’y multiplier)
  • Les souches enzootiques (qui ne s’attaquent qu’aux animaux d’une localité, exploitation, soit de façon permanente, soit par période)

Ces virus font partie du groupe des arbovirus. Ils sont pris très au sérieux pour des questions de santé publique car transmissibles à l’homme. Classés comme zoonoses ils sont sous étroite surveillance. En 2013 et durant les années précédentes, il était observé une émergence et une réapparition de différents arbovirus dans des zones géographiques où ils n’avaient pas été encore identifiés ou avaient disparu.

Ces encéphalites présentent des caractéristiques communes dans leur mode de transmission et les expressions cliniques. Toutes touchent les équidés et les hommes. Mais toutes n’atteignent pas toutes les mêmes espèces animales. Cependant le virus ne se multipliera pas suffisamment dans la plupart de ces organismes pour devenir contagieux. Ces maladies virales pouvant provoquer des atteintes neurologiques sévères, sont capables de ne manifester aucun symptôme.

Les variantes de l’Est, de l’Ouest et Vénézuélienne sont présentes partout sur le continent américain (Amérique du Nord et du Sud), tandis que la variante Japonaise est répandue en Asie du Sud Est, le Japon, l’Indonésie et le nord de l’Australie.

Les symptômes de l’encéphalite chez le cheval

Les symptômes ne se déclareront que 7 à 21 jours après l’infection. Le premier sera la fièvre avec une température de 41°C.

Les signes neurologiques s’exprimeront par une forte sensibilité au bruit. Le cheval pourra afficher des périodes d’excitation et d’énervement.

Lorsque les lésions cérébrales apparaissent, le cheval subit des périodes de somnolence. Des troubles de l’audition surviennent. Le cheval viendra à se déplacer de façon inhabituelle.

Une phase de paralysie s’installe en débutant par la tête, empêchant l’animal touché de la lever. Rapidement la paralysie s’étend à tout le corps. Des cas d’anémie ont été rapportés.

Le décès survient rapidement. Entre deux et quatre jours après l’apparition des premiers symptômes.

A noter que la maladie transmise à l’homme peut se révéler asymptomatique. Pour d’autres les symptômes pourront rappeler ceux de la grippe. Seul un tiers des personnes atteintes peuvent décéder de cette pathologie. Une partie des personnes conserveront des lésions neurologiques.

Attention la manifestation des symptômes varie d’une forme à l’autre :

Pour l’encéphalite équine vénézuélienne

Cette forme du virus est enzootique, et comporte des symptômes limités et une virémie plus faible, parfois inexistante.

Les souches épizootiques sont associées à une fréquence élevée d’encéphalites, souvent mortelles, jusqu’à 80 % des animaux, et ont une virémie élevée. La période d’incubation est de 1 à 5 jours. Les premiers signes cliniques sont :

  • la fièvre,
  • l’anorexie,
  • la somnolence,
  • la dépression.

Après quelques jours peuvent se manifester les symptômes suivant : faiblesse et ataxie, spasmes musculaires, incoordination, poussée avec la tête, mouvements en cercle et convulsions. Dans quelques cas de la diarrhée et des coliques ont été décrits. La mort peut survenir quelques heures après l’apparition des symptômes neurologiques. Des cas de mort subite ont également été rapportés.

Pour l’Encéphalite Equine de l’Est et de l’Ouest

Période d’incubation de 5 à 14 jours. La quasi totalité des chevaux infectés développent une atteinte aigue et mortelle. Une part des rares survivants affichent des séquelles neurologiques. Les premiers signes cliniques sont :

  • la fièvre,
  • l’anorexie,
  • la somnolence.

Dans l’évolution de la maladie ces autres symptômes se déclarent : mental atteint, réaction disproportionnée aux stimuli, mouvements musculaires involontaires, mouvement de la tête, difficultés à avaler, ataxie, paralysie et convulsions. Des périodes d’agitations exagérées ont pu être notées.

Pour l’Encéphalite Equine Japonaise

Cette forme d’infection est le plus souvent asymptomatique chez les chevaux. Quelques animaux peuvent cependant développer des signes neurologiques, le taux de mortalité est très élevé. La période d’incubation est de 8 à 10 jours. Les premiers signes cliniques sont :

  • la fièvre,
  • l’anorexie,
  • la somnolence,
  • des muqueuses congestives ou jaunâtres durant 2 à 3 jours puis guérissent.

D’autres animaux peuvent développer en plus de ces symptômes une encéphalite sous deux formes :

  • une forme moyenne (incoordination, rigidité au niveau des cervicales, paralysie, dégradation de la vision réversible)
  • une forme plus sévère (environ 5 % des chevaux - forte fièvre, agressivité, transpiration et tremblements musculaires). La mort survient entre 1 et 2 jours

Le mode de contagion de ces virus

Rappelons que ces virus peuvent affecter différents mammifères comme les oiseaux, des amphibiens ou des reptiles. Sa survie dépend d’un cycle biologique incluant les moustiques et les oiseaux. Les moustiques responsables de la transmission sont du genre Culex (culiseta melanura et culiseta morsitans). Il s’agit de moustiques communs très répandus. Ils se contaminent en se nourrissant sur un mammifère ou un oiseau porteur de la maladie. 14 jours après ils deviennent eux-mêmes infectants.

L'encéphalite équine

Ils transmettront  le virus lors d’un prochain repas en piquant un autre animal. Le virus transitera de zone en zone par le biais des oiseaux au gré des migrations.

Sans rentrer dans le détail l’EEV se multiplie et se développe facilement dans le corps du cheval, et est très contagieux, pouvant même se transmettre par voie aérienne au travers de jetage.

L’EEE et l’EEO la virémie chez le cheval et l’homme n’est pas suffisamment élevée pour permettre d’assurer une contagion par le biais d’un insecte piqueur.

Enfin pour l’EEJ, le virus se multiplie au sein du corps du cheval comme du porc mais seul ce dernier constitue un réservoir viral et peut donc infecter un insecte piqueur. Ce virus est également transmissible par voie aérienne.

Prévention

Il existe plusieurs vaccins pour prévenir de ces virus. Néanmoins à ce jour ils ne disposent pas d’autorisation de mise sur le marché en Europe. Ils ne peuvent pas être administrés sans approbation des autorités compétentes dans le pays concerné.

Ces virus ont une durée de vie très réduite dans l’environnement et sont facilement désactivés par l’éthanol à 70%, le formaldéhyde et autres désinfectants habituels. Ils affichent une mauvaise tolérance à la chaleur.

Bien que ces pathologies soient absentes de notre pays, elles ne sont pas à négliger. En effet, avec l’internationalisation des compétitions équestres, et du commerce de chevaux de haut niveau (toutes disciplines confondues) il ne serait pas surprenant que dans le futur on puisse recenser des cas isolés.

Quelle que soit la pathologie pouvant atteindre le cheval, des mesures de bon sens doivent être appliquées en cas de doute sur la santé d’un animal. A commencer par la mise en quarantaine de l’animal concerné (voir des chevaux avec qui il a été en contact) et de faire réaliser un examen clinique complet par un vétérinaire équin.

Article proposé par Rémi Delhomme - Distri’Horse® - ©Tous droits réservés

Sources :

IFCE - Haras Nationaux
Respe.net
Thèse vétérinaire Isabelle Dumas Maison Alfort.
AFSCA Belgique (Agence Fédérale pour la Sécurité de la Chaine Alimentaire)

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Commentaires

marc.grandadam - 30 juillet 2018

Un complément pourrait être publié sur le virus West Nile (autre flavivirus ; souvent maladroitement traduit par "virus du Nil Occidental") qui a été à l'origine d'épidémie en France (cas équins et humains) et dans d'autres pays européens. Les virus cités dans cet article n'intéressent pas directement l'Europe (EJ en Asie; EEV, EEW et EEV dans les amériques).
Il existe un vaccin contre le virus WN. Un point sur la réglementation concernant la circulation des chevaux en cas d'alerte en France (ou en Europe; surtout pour ce qui concerne les compétitions) pourrait être intéressant.
Deux vétérinaires spécialistes du virus WN: Stéphan ZIENTARA ; Sylvie LECOLLINET (ANSES-MAison Alfort)

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A propos de l'auteur

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