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Choisir un étalon pour sa poulinière : Tout ce qu’il faut savoir

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  • Publiée le 18 février 2021
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Éleveur(se) chevronné(e) ou amateur éclairé, vous allez devoir jeter votre dévolu sur un étalon afin de faire remplir votre poulinière. De très nombreux éléments sont à considérer au moment de cette décision cruciale que constitue le choix d’un père pour votre futur poulain. Equirodi vous propose plusieurs pistes et rappels afin de vous aider au mieux à élire le candidat adéquat (pour ne pas dire IDÉAL) !

Dans quelle(s) perspective(s) d’élevage vous situez-vous ? 

Les questions préalables en matière de reproduction équine sont les suivantes : 

  • Souhaitez-vous produire un poulain afin de le vendre, que cela soit à court ou moyen terme ? 
  • Avez-vous plutôt envie de faire naître sans aucunes velléités commerciales, simplement en vue de produire un compagnon qui aura vocation à devenir votre binôme équestre ? 
  • Vous faites face à une souche maternelle vieillissante, et vous désirez pérenniser une génétique que vous aimez particulièrement ?

Une fois ce ou ces points définis, il vous sera possible d’approfondir vos recherches. En effet, si l’objectif principal de reproduction est porté par l’idée d’une vente, il faudra que l’union entre les parents puisse "parler" à de potentiels acheteurs. Non seulement l’attention sera portée sur le père du poulain, mais les origines de la mère seront elles aussi passées au crible, ainsi que les qualités et défauts physiques des deux parents (sans oublier les caractères respectifs des deux géniteurs). 

Si en revanche le futur poulain se destine à une vie rangée au sein de votre structure, et que vos ambitions personnelles ne concernent que vous et les affinités que vous avez à l’égard d’une souche, d’une discipline, d’un modèle… Votre décision quant au futur papa aura une incidence singulière certes, mais ne sera inspirée que par vos envies et pour vos envies ! 

Par ailleurs, dans l’hypothèse où votre projet de reproduction s’inscrit dans la préservation d’une génétique, il s’agira de composer en fonction de critères tout à fait objectifs et relatifs à la poulinière. Cela offre malgré tout la place au coup de cœur puisque le nombre d’étalons disponibles sur le marché (que cela soit en monte naturelle, en insémination artificielle fraîche, réfrigérée, ou bien en insémination artificielle congelée) est extrêmement riche. 

Choisir un étalon oui, mais selon la jument...

Quel que soit votre objectif dans ce processus de reproduction, il est fortement conseillé de très bien connaître les atouts de la jument vouée à devenir ou redevenir maman. Tout d’abord sa taille, mais aussi son caractère, sa façon de se déplacer, son orientation générale, son geste sur les barres (si finalité cso), ses allures en liberté et montée (parfois certaines poulinières ne peuvent être jugées qu’en liberté car suite à un accident ou des aléas divers, leur carrière montée n’a pas pu être éprouvée). Le chic naturel si l’on vise une naissance axée sur le dressage, le courage et le sang froid si l’on cherche à façonner une bête pour aller en complet, ou tout simplement si l’on aimerait voir un poulain avec un mental passe partout. Ces différents critères sont évaluables à travers des grilles et des barèmes bien spécifiques. Si l’on veut absolument reproduire dans un stud-book ou une race à proprement parler, les questions du jugement, du pointage, et de la morphométrie se posent à un moment donné (Cf. IFCE).  Ces étapes vont permettre d’indexer les juments et de les comparer en fonction d’indices génétiques morphologiques. Les étalons reproducteurs sont également indexés et indicés.

Brièvement : 

Le jugement est une appréciation qualitative (à l’image d’un protocole de dressage).

Le pointage aboutit à une description détaillée, elle-même établie grâce à une grille de critères (Tissus, tête, encolure, dos, reins, articulations, aplombs etc.)

La mesure ou morphométrie rejoint les informations recueillies grâce au pointage mais s’effectue grâce à des instruments et offre davantage de précisions. Notamment en ce qui concerne la taille de l’animal, ainsi que ses proportions physiques.

Il est aussi indispensable de bien savoir quels critères sont intimement liés à l’hérédité, de même que ceux qui dépendront du milieu de chaque individu. Par milieu on entend les conditions de vie, l’alimentation, l’éducation, le travail, l’ensemble des méthodes employées dans le quotidien du poulain, etc.

Quelles sont vos attentes à l’égard de l’étalon ?

Après examen minutieux des caractéristiques propres à votre poulinière, vous serez en mesure de formuler vos souhaits afin de compléter ses qualités et de (tenter de) gommer certaines de ses lacunes. 

Dès lors, comment orienter concrètement vos recherches ? 

Les élevages disposant d’un ou plusieurs étalons "maison" fournissent de considérables informations et bien des détails au sujet de leurs reproducteurs. Les attributs typiquement transmis aux poulains par ces individus sont par ailleurs bien spécifiés, si d’aventure la production s’avère suffisante pour observer tel ou tel héritage. Les éleveurs sont aussi parfois en mesure de proposer aux personnes qui possèdent leur(s) propre(s) poulinière(s), un conseil personnalisé en fonction du produit recherché et des atouts de la future mère. Ensuite, un avantage inestimable en matière de recherches d’étalons… Les catalogues ! Associations, éleveurs, stud-books, et même les organismes de ventes aux enchères, harmonisent leurs ressources et compilent les divers étalons disponibles à la reproduction. Les conditions de monte sont alors expliquées, avec un niveau d’informations toujours très précis ainsi que les modalités financières. 

L’accès aux étalons les plus prestigieux est par conséquent possible à tout(e) un(e) chacun(e), et ce quasi n’importe où dans le Monde. De fait, même si la monte naturelle a durant longtemps été le seul moyen de faire reproduire, les techniques ont évolué et l’insémination artificielle (IA) connaît un gigantesque essor depuis les années 1980. L’insémination artificielle a ainsi permis à de prolonger d’excellentes souches, tout en permettant grâce à la dilution du sperme, de faire naître un grand nombre de poulains qui sans cela n’auraient sans doute jamais vu le jour. L’insémination artificielle peut être réalisée à l’aide de semence fraîche, réfrigérée ou congelée. Ainsi, plusieurs combinaisons sont envisageables : souhaitez-vous faire reproduire votre jument uniquement par le biais de la monte naturelle, ou êtes-vous enclin(e) à l’IA ? Il se trouve qu’après la suppression des Haras Nationaux (entre autres raisons), l’accès à des étalons en monte naturelle s’est passablement essoufflé. En toute logique, la récolte de semence réfrigérée ou congelée a alors permis à diverses juments d’accueillir les descendances d’étalons auxquels il pouvait s’avérer compliqué d’accéder. Cette configuration induit néanmoins d’autres contraintes. Il est en effet nécessaire d’être en lien avec une structure pouvant réaliser un suivi gynécologique personnalisé pour chaque candidate, et en mesure d’effectuer les inséminations.

Le cœur et la raison …

Les étalons performers, en d’autres termes ceux qui gravitent dans les hautes sphères du sport tout en assurant la reproduction (la méthode des prélèvements est appliquée car elle permet d’éviter les blessures parfois inhérentes à la monte naturelle) sont très médiatisés et donnent envie à de nombreuses personnes de les associer à leurs poulinières. Ce sont justement ces reproducteurs qui bénéficient d’une grande visibilité et de nombreux qualificatifs vantant leurs mérites. Sont mises en avant les multiples qualités qu’ils sont susceptibles de transmettre à leur progéniture. Très sexy, ces innombrables étalons feraient monter le rouge aux ganaches de toutes les poulinières en passe de devenir mamans. Mais qu’en est-il de la pertinence d’un croisement ou bien d’un autre ? Faut-il absolument tenir compte du père de la poulinière, pour valider l’alliance avec l’étalon ? À suivre, plusieurs questions que vous vous êtes déjà posées dans le passé ou auxquelles vous chercheriez à répondre si l’aventure de la reproduction commence pour vous. 

→ L’étalon sera-t-il uniquement sélectionné selon ses performances ? 

→ Va-t-on chercher à compléter à tout prix le physique d’un poulain en équilibrant les indices des deux parents ? 

→ Pourquoi certains étalons reproduisent mieux grâce à leur capital génétique associé à celui du père de la mère ? 

→ Choisit-on le fils d’un grand étalon en présumant qu’il reproduira ses qualités, à l’instar du schéma père de mère ? 

→ Faut-il être parfaitement renseigné sur le tempérament du futur père ? 

→ En termes de reproduction poney, l’élément “taille” est crucial : la taille du père, quelles que soient ses qualités, doit être bien observée car selon la mère qui lui est associée, le poulain entrera dans une catégorie de taille, qui par la suite lui ouvrira les portes de différents types d’épreuves en concours. 

→ Les candidats reproducteurs peuvent également être sélectionnés selon leur robe : de plus en plus de personnes envisagent la couleur de leur futur poulain en tenant compte du génotype et du phénotype des deux parents. Notons par exemple certains étalons annoncés non porteurs du gène gris, ce qui permet en fonction de la mère, de s’assurer une production colorée, ou pour le moins originale (la robe crème et les yeux clairs ont le vent en poupe ! )… 

→ Êtes-vous porté par les belles histoires ? L’exemple de Quartz Rouge, acquis très tôt (lors de ventes aux enchères pour une somme relativement modique) par ses propriétaires et confié durant de longues années à Jérôme Hurel qui l’aura construit de toutes pièces pour arriver à un niveau plus qu’honorable (Participations aux championnats d’Europe d’Aix La Chapelle, à la Coupe du Monde de Lyon en 2015…). Tel peut être le genre de parcours pouvant séduire quelqu’un au moment de faire le choix du reproducteur à associer à la poulinière.

Vous avez jeté votre dévolu sur le reproducteur le plus en phase avec vos envies ? Tout cela coïncide-t-il avec les qualités de votre poulinière ? 

Si vos réponses à ces deux questions sont OUI, n’hésitez pas un instant, dites-nous par quel canal vous avez trouvé la perle ! Avez-vous également tenu compte d’une éventuelle consanguinité ? Les croisements qui émanent d’ancêtres communs même s’ils sont éloignés peuvent induire des fragilités. 

En bref

  • Il est indispensable de déterminer la teneur de vos objectifs avant de choisir un reproducteur
  • Procéder à un examen critique et rationnel des défauts et qualités de la jument
  • Associer un étalon qui dispose des même qualités que la jument, sans ses défauts, permet d’augmenter les chances de réussite 
  • Garder en tête qu’il est plus aisé d’ancrer une qualité que d’atténuer un défaut lorsque l’on cherche à faire reproduire
  • Finaliser son choix d’étalon en ayant bien observé ce qui aura trait à l’hérédité génétique (et non pas à l’environnement)
Des remarques, des suggestions, un retour d’expérience ? Faites-nous part de vos témoignages, ils sont précieux

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