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Comment organiser le travail de votre cheval pour la saison de concours ?

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Les beaux jours pointent leur nez et beaucoup d’entre vous ont rongé leur frein une grande partie de l’hiver, dans l’attente de voir les concours reprendre… Les épreuves indoor ne sont pas monnaie courante dans toutes les régions, ainsi il faut parfois attendre de longs mois avant de regagner les carrière Quelle que soit la discipline que vous pratiquez, le challenge et l’adrénaline durant les épreuves vous manquent. La dynamique des concours peut être associée à de nombreux profils : certaines et certains savent d’entrée de jeu que l’objectif est de se classer puis de se qualifier coûte que coûte, tandis que d’autres envisageront les concours dans une perspective de travail et de routine pour des chevaux non accoutumés à ce genre de sortie (ces deux principes peuvent aussi aller de pair!).

L’exercice du concours est un formidable moyen de se mesurer à soi même tout en progressant avec sa ou ses montures. C’est également l’occasion d’en apprendre sur la technique et de mettre en lumière des points fondamentaux (ou de petits réglages) à travailler à la maison.

En somme et même si l’on s’y rend ponctuellement, les concours peuvent représenter d’excellents moyens de connaître nos points d’amélioration à cheval. Comment vous préparez vous à la saison qui commence ? Comment organisez vous le travail préalable de votre cheval avant de ré entamer la saison ?

Le travail d’hiver du cheval

Il faut avoir conscience que l’on ne s’improvise pas champion(ne) des bacs à sable après trois mois (parfois plus) de trêve. Votre cheval ne pourra que vous remercier de l’avoir préparé à retourner en concours. Ainsi, comment envisager la préparation physique et mentale (de votre monture et de vous même) en amont des épreuves ? Nous allons nous focaliser sur des mots clés : stretching, gymnastique, cardio, sorties détentes, objectifs.

Quels sont vos objectifs avec votre monture ? Même si vous ne comptez pas vous rendre chaque week end en compétition durant la saison, les objectifs de travail sont très intéressants. D’une part, cela vous permet de savoir où vous allez, et d’autre part cela vous permet en cours de route de procéder à des ajustements avec votre cheval en fonction de sa progression.

Pour un cheval qui commence la compétition, vous allez lors des premières sorties être en mesure d’observer son comportement. Cela vaut pour ses réactions face à un nouvel environnement, ainsi que vis à vis des chevaux inconnus et présents sur la même manifestation. Comment se concentre-t-il ? Est-il fortement sujet au stress ou bien absolument pas ? En anticipant durant l’hiver sur ces différentes réactions possibles, vous pourrez mettre un maximum de chances de votre côté pour le jour J, et votre cheval ne sera pas (trop) pris au dépourvu ! Quelles sont les activités à organiser, les astuces pour rendre cette familiarisation plus facile ? Il y en a tout plein, et ce quel que soit l’endroit où vous vivez votre passion. Si par chance vous disposez d’un moyen de transport, faites voyager votre monture un maximum, quitte à ce que cela se fasse sur de courtes distances. Il peut également être envisageable de prendre contact avec un centre équestre des alentours, afin d’y emmener votre compagnon, en vue de découvrir une nouvelle aire de travail. Les odeurs, les bruits, les installations différentes sont de nouvelles étapes dans la prise de maturité d’un cheval novice. Cela constitue par ailleurs une excellente entrée en matière pour un cheval qui ne connaît que son cadre de vie habituel. Imaginez que le jour du premier concours, il faut non seulement prendre en compte un déplacement parfois anxiogène, mais aussi le passage en épreuve avec tout ce que cela comporte d’action et de nouveauté. Tout entraînement est bon à prendre quand il s’agit de confronter un cheval peu habitué à sortir de sa routine. Les désensibilisations à toutes sortes d’objets et bruits sont aussi de pertinents exercices. D’autant plus que cela peut s’effectuer à la maison sans une grosse logistique.

Dans le cas où votre cheval connaît les concours, les transports, l’atmosphère extérieure, on peut imaginer que les objectifs vont davantage s’axer sur les résultats. Souhaitez vous disputez un championnat en fin de saison ? Quel niveau vous paraît abordable ? Souhaitez vous surclasser en cours d’année ? Le maître mot surtout de ne pas avoir à déclasser en cours de saison et cela passe par une stratégie. Commencer petit et facile pour confirmer que les choses se déroulent dans le calme, le confort du cheval et du cavalier, afin de prévoir une montée en difficulté. Ainsi, que vous sortiez en dressage, en cso, en complet, ou dans tout autre discipline, votre réflexion sur le travail préalable s’orientera à priori toujours de la même manière. Que votre cheval soit physiquement prêt à suivre un rythme de concours et que chacun se lance dans les meilleures conditions possibles.

La période hivernale a probablement été l’occasion pour beaucoup d’entre vous de définir les points sur lesquels travailler. Des figures de dressage délicates, des contrats de foulées compliqués à tenir à l’obstacle, une qualité de galop à parfaire et des abords à peaufiner sur le cross ? Ces menus exemples permettent de mettre en place de nombreux exercices, pendant des mois où l’on peut se donner du TEMPS.

La notion de détente est aussi importante durant l’hiver. Vous avez un trotting prévu chaque semaine dans votre routine de travail ? Pourquoi ne pas consacrer une partie de ce temps à un chemin employé plus rarement, et sur lequel vous pouvez laisser le temps à votre monture de marcher et de procéder à quelques flexions d’encolure ? Le travail sur deux pistes en extérieur et aussi plus chouette à réaliser que dans le cadre parfois très studieux et routinier du manège ;-).  Les sorties plages (lorsque cela est techniquement et géographiquement faisable évidemment) peuvent représenter une belle occasion de se changer les idées, sans pour autant négliger l’aspect “exercice physique”. De nombreuses plages sont nettement plus accessibles hors saison pour les chevaux. Rien de tel qu’un bon galop dans le calme, entrecoupé de transitions et de quelques dizaines de mètres à marcher dans l’eau à cheval. Cela peut particulièrement contribuer à améliorer le cardio. Ce genre de chose peut s’adapter même si vous vivez en campagne, ou à proximité d’une forêt . En fonction de la qualité des sols, le travail au galop avec des variations d’amplitude et des transitions sera le meilleur moyen d’augmenter le cardio du cheval.

Passons à la gymnastique nécessaire à chaque cheval, si tant est que l’on désire un bon entretien physique, une qualité de réponse adéquate face aux aides du cavalier, et un peu d’originalité. L’hiver est l’occasion de se pencher sur la réalisation d’exercices qui sortent un peu du contexte classique. Les enseignants ont beaucoup d’imagination lorsqu’il est question d’exercices. Même si vous montez souvent seul(e) repensez aux dispositifs qui vous avaient été proposés à l’époque où vous montiez en club et où la vue des cavalettis et des barres au sols vous rendaient perplexe… Humoristiquement parlant, on en revient toujours aux bonnes vieilles méthodes ! Un parcours de barres au sol, en définissant un nombre de foulées et des changements de pieds : sympa et avec de vrais repères. Plus rigolo pour un cheval qui se lasse facilement, et cela invite le cavalier à faire preuve de précision. Pour les cavaliers de dressage : parallèlement à la finesse et à l’exactitude requises par tout temps, pourquoi ne pas s’entraîner en musique ? L’utilisation de barres au sol rime aussi avec la discipline du dressage…

Penchons nous sur le stretching. Encore moins besoin de matériel, puisque le stretching représente pour le cheval le fait de s’étirer, de se fléchir, et de se mobiliser complètement. L’enjeu majeur étant d’atteindre un maximum de souplesse. Les exercices de stretching favorisent la décontraction, l’élasticité, et de fait le confort musculaire du cheval.

Progressivement, que ce soit à pied ou en selle, procéder à du stretching va permettre au cheval de se mobiliser en douceur. Que cherche-t-on à faire au juste ? Avant une séance de travail monté ou à pieds, il peut être judicieux de commencer par étirer les antérieurs. Même si votre cheval vit au pré et qu’il marche beaucoup ! En prenant successivement chaque antérieur depuis le paturon et en cherchant délicatement à l’amener loin devant, un premier niveau d’étirement est effectué. On peut également chercher à faire cela de manière latérale (croiser gentiment chaque antérieur). On peut aussi procéder de la sorte avec chaque postérieur, seulement d’avant en arrière. Si cette mobilisation précède une séance en selle, cela permet de libérer le passage de sangle, mais aussi le passage de surfaix si vous effectuez un travail en longe ou en liberté.

À cheval ou à pieds, le premier étirement dans l’impulsion que l’on va chercher à obtenir est l’extension d’encolure. À pieds, en regardant le cheval de profil, on comprend d’autant plus l’importance de ce mouvement : le garrot monte, le dos se tend, les membres se délient. La difficulté de cet étirement réside dans la constance. En commençant le stretching, le cheval ne sait pas forcément conserver son attitude, de surcroît lorsque l’on va le solliciter au trot. Patience, récompense, et répétition vont vous aider l’orienter de manière plus permanente. Au départ il s’agit d’obtenir cette attitude sur une allure constante et sur des lignes droites ou de larges courbes. Progressivement, on va introduire les transitions et les changements de pli. Pli à l’extérieur sur quelques foulées, puis pli à l’intérieur, et ainsi de suite. La ligne du dos va se dénouer du bout de la queue jusqu’à la nuque. Cet exercice constitue une vraie valeur ajoutée dans le contact avec la bouche : on se concentre sur la régularité et l’extension, bien souvent cela oblige à tenir les rênes à la couture. En découle un contact plus léger entre les mains et la bouche. Ces mouvements représentent des avantages pour tous types de chevaux. Les jeunes vont gagner en orientation et en construction musculaire, les plus expérimentés vont gagner en souplesse et en confort.

De nombreux cavaliers aujourd’hui effectuent ce stretching à chaque début et fin de séance, avant de remettre leurs montures tête à niveau. À l’arrêt, en selle ou à pieds, on peut aussi demander au cheval d’amener sa tête vers son flanc droit, puis vers son flanc gauche. Bonbons et friandises peuvent grandement vous aider. C’est ensuite que vous allez pouvoir vous pencher sur les exercices latéraux qui sont bien évidemment du stretching également. Les épaules, les hanches, en lignes droites, en cercles, en dedans, en dehors… Il faut penser que le stretching doit devenir incontournable puisque son équivalent n’est autre que notre échauffement avant un footing, une séance de sport collectif ou de n’importe quelle autre activité physique. Les courbatures sont amoindries, mais avant cela, la difficulté des exercices est atténuée. Le stretching instaure un cercle vertueux, le cavalier va gagner en confort à cheval, et vice versa. L’hiver est donc le moment rêvé pour bien prendre le temps de faire faire de vraies bonnes séances d’assouplissements aux chevaux, en vue que cela devienne facile et quasi systématique !

Et le cavalier dans tout ça ?

C’est le moment de prendre rendez vous chez l’ostéopathe et de procéder à l’état des lieux ! Si votre praticien vous soumet une petite période off, c’est bien entendu en hiver, en dehors de la saison de concours que cela est le mieux. Les plus stressé(e)s pourront envisager une entrevue chez le sophrologue pour gérer leur anxiété avant les concours ;-). Blague à part, l’hiver du point de vue du cavalier ne rime pas avec “performance”, alors pourquoi ne pas travailler tranquillement la position, le regard, la fixité ou la souplesse également ? Les courtes journées font parfois rentrer plus tôt à la maison : on prévoit un visionnage des vidéos des concours passés, et on se documente sur la manière dont on va pouvoir progresser ! S’inscrire en stage, s’essayer sur d’autres chevaux, changer les repères… Que de moyens efficaces et propices à la progression.

En tous les cas, même si l’hiver est parfois source de morosité et de manque de soleil, il y aura TOUJOURS de quoi trouver à s’occuper avec son cheval en cette saison.

Vous avez mis en place une routine de travail hivernal avec votre compagnon, et elle a porté ses fruits ? Dites nous tout ! Des idées sympas pour les exercices de gymnastique et stretching ? Nous attendons avec impatience vos commentaires !

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